C’est, au chapitre des pèlerinages, le plus important célébré à Maroilles..Il est en effet dédié à la Vierge Miraculeuse du village : Notre Dame des Haies. Comme partout en France cette fête de l’Assomption dite d’obligation, au même titre que celles de Noël, de l' Ascension et de la Toussaint, célèbre cette croyance, selon laquelle la Vierge Marie, au terme de sa vie est montée aux cieux, âme et corps, pour entrer directement dans la gloire de Dieu.
Cette date est marquée dans toutes les paroisses par des célébrations exceptionnelles. Très longtemps, à Maroilles, elle revêtait un caractère particulier du fait que la célébration et la procession du 15 août étaient précédées , dans la nuit du 14 au 15, par une messe solennelle chantée à minuit, privilège accordé, de temps immémoriaux, à cette chapelle.
Interrompue peut être à cause du climat politique délétère voire anticlérical régnant au début de ce siècle ou à la suite de la guerre de 1914/1918, cette tradition sera reprise en 1922.
LA MESSE DE MINUIT
En date du 16 août 1922, l’archevêque de Cambrai, envoya par courrier au curé de Maroilles : Emile Delvallée, l’autorisation de célébrer à nouveau cette messe de minuit dans la prairie où se trouve le sanctuaire.
Des affiches datant de 1927, 1928, 1929 détaillent le programme des 2 journées. Par la suite, la célébration de cette messe perdura jusque dans les années 60.
On trouve en effet, soit dans des articles de la Voix du Nord, de l’Observateur ou dans le bulletin paroissial des précisions sur cette messe. Rétablie en 1922, on la retrouve de 1943 à 1949 avec l’abbé De Germiny, dans les années 1950, 1952 avec l’abbé Deledalle et en 1956 avec l’abbé Cattelin . Un article d’aout 1952 évoque cette messe animée par la chorale de Dompierre qui en assure les chants grégoriens. Elle réunira de nombreux fidèles dans l’attente de la procession du lendemain qui clôturera cette fête. En l’absence de documents on peut toutefois supposer que ces messes de minuit n’existèrent plus dès les années 60.
LA JOURNEE DU 15 AOUT
Durant de longues années, elle débutait par les messes, basse à 8 heures puis solennelle à 10 heures. A l’issue des vêpres célébrées à 14 heures, un cortège se formait au pont, faubourg St Roch, pour remonter tout le village et poursuivre son chemin jusqu’à la chapelle de Notre Dame des Haies (périple de plus de 2 km). Après l’office et le sermon prononcé dans la chapelle, le cortège se reformait pour revenir à l’église où le pèlerinage se terminait par un « Salut » et la bénédiction du Saint Sacrement.
De nos jours et plus précisément en 2026, bien des choses ont changé. Après les réformes du concile Vatican II, l’évolution des mœurs, la diminution des pratiques religieuses, et, surtout, avec l’augmentation du trafic routier (important problème de sécurité) les choses ont évolué. Les processions notamment ont été supprimées et ne subsistent (du moins à Maroilles) que la bénédiction des pèlerins et la messe à la chapelle. La tradition survit dans nos villages, les habitants et les pèlerins y participant, en partie pour des raisons religieuses, en partie pour maintenir les traditions.
Cette année 2026 cependant vit encore un changement important dans le déroulement de la célébration. Il y eut toujours de 14 h à 16 h la bénédiction des pèlerins assurée dans la chapelle par deux prêtres : l’abbé Jean Marie Telle et notre doyen Jean Develter. Cependant, pour des raisons de « maintenance » : difficulté de mobilisation de fidèles à la préparation matérielle de l’événement ainsi que la crainte d’éventuels effets dangereux de la canicule, la messe fut programmée en l’église de Maroilles.
Petit clin d’œil, compte tenu de l’historique de cette journée, une procession fut organisée avant la messe.
Les bannières de ND des Haies et de l’Assomption en tête , précédaient un brancard où avait été installée la statue de Notre Dame des Haies. La procession emprunta un court circuit symbolique sur le pourtour de l’église et de la petite place. Malgré la chaleur, de nombreux pèlerins s’y joignirent chantant ou récitant le chapelet.
Au retour, les bannières disposées près de celle de Saint Humbert ainsi que le brancard de la Vierge furent installés dans le chœur de l’église.
La messe se déroula alors marquée par le sermon de l’abbé Telle Les fidèles y participèrent grâce à un petit livret élaboré par Pierre Thelliez. On y pria aux très nombreuses intentions de messe et évoqua les suppliques des pèlerins, rédigées sur les cahiers mis à disposition dans la chapelle.
C’est ainsi que se termina cette belle fête tout empreinte de ferveur et de foi. Une ambiance de prière et de recueillement se dégageait de cette foule de pèlerins venus pour prier et se mettre sous la protection de notre Vierge de Maroilles, afin qu’elle les garde tous unis et veille sur eux et toutes leurs familles.
C.B.