Séjour solidaire :

17 jours au Togo auprès de jeunes orphelins par des scouts de France en lien avec le diocèse de Cambrai

 

 

Les Compagnons (17-21 ans) des Scouts et Guides De France de Fourmies sont partis du 14 au 31 juillet 2022, lors de la saison des pluies, pour un projet solidaire au Togo. Nous nous sommes joints au Diocèse de Cambrai, avec 10 autres jeunes, Marie Payen et le père Emmanuel Canart pour l’Association « Vivre dans l’Espérance » créée par Sœur Marie Stella qui lutte contre le SIDA. Ces quelques jours de vacances pour les orphelins de l’association de Dapaong (Nord du Togo) étaient rythmés par du soutien scolaire et des animations (petits et grands jeux, activités manuelles, création d’un spectacle). Nous étions à Kara (Togo) en raison des attaques djihadistes du Burkina Faso.

Nous sommes arrivés sur le continent africain pour rejoindre Lomé, la capitale du Togo après 7 h 30 de vol. Nous avons pris le bus le lendemain pour gagner Kara (Nord du Togo, à 400 kms de Lomé, et 200 kms de Dapaong), en suivant la route principale, goudronnée, relativement droite avec peu de carrefours. Sur le bord des routes, beaucoup de petits stands où les gens patientent pour vendre leurs produits leur permettant de manger le lendemain. Le salaire minimum là-bas est de 15€ par mois. (Correspondant à 9750 CFA, leur monnaie, les anciens francs). Très peu d’eau potable, l’eau des douches ne coule pas toujours, ils ont d’ailleurs des seaux à leur disposition avec un petit bol pour en gâcher le moins possible, et vont chercher l’eau au puits vers 4 h avant la forte chaleur.

 

Avant de partir, je savais que ces 2 semaines me feraient grandir. Je savais que j’allais revenir différente. Mais je n’imaginais pas recevoir autant.

 

Là-bas, j’ai découvert une autre culture, une autre manière de vivre, de prier, mais je me suis aussi redécouverte.

A notre arrivée, les enfants nous ont accueillis par une haie d’honneur, rythmée de danses, de chants, de claquement de mains, alors qu’on leur était encore inconnus.

Nous nous sommes très vite immergés dans la fête.

 

Lorsque nous avons débuté le soutien scolaire, il a été difficile de juger les capacités de chaque enfant. Comme un besoin d’affection, les enfants demandaient tous une exclusivité (notamment pour les maternelles). Sans cesse sollicités, il fallait souvent les prendre sur les genoux pour maintenir leur concentration. Un jour ils savaient l’alphabet, le lendemain « ils ne savaient plus rien. »

Ils étaient très attachants. Des sourires se dessinaient à chaque bonne réponse. Ils prenaient les questions pour un jeu sous forme de « qui répondra le premier correctement ? ».

L’après-midi était dédié aux jeux. Au début, les garçons ne voulaient pas quitter le foot. Au fil du temps, nous avons réussi à leur faire découvrir d’autres jeux : tomate, loup perché, balle au prisonnier, thèque, volley-ball, jeux de cartes…Souvent à base de ballons, mais aussi de découvertes, de la triche, beaucoup de triche et surtout : de l’amusement !

 

Nous avions également des temps « chapitre » dédiés aux "yovo yovo" (nous les blancs). Ce sont des temps qui permettent une relecture de ce que nous vivons, ce qui nous plaît, nous plaît moins, suivis de temps prières, où nous relisions notre vie : qu’est-ce qui change en nous, de quoi est-on dépendant, quelle attention chacun d’entre nous peut porter sur lui pour rendre le monde un peu meilleur, notre relation au temps : apprendre à vivre dans l’instant présent sans se soucier de quoi sera fait le lendemain. En ce qui me concerne, des moments forts qui contribuent aux petits bonheurs que je peux parfois rechercher, par le simple fait de me retrouver avec moi-même au cœur d’un sujet impactant ma personne, et ce que je laisse sur mon chemin.

 

J’ai découvert la relation à Dieu, tout le temps, partout avec les gens. Dieu est évoqué à la messe, durant la fête, donne nom aux commerces comme « Don de Dieu » chez un coiffeur, messages dans des magasins, comme par exemple « Que la paix soit avec vous tous » dans une boulangerie, « Dieu est le maître de cette maison » chez un autre commerçant.. Les gens surnomment également l’hôpital en son nom (Dieu) du fait des miracles sanitaires depuis la prise en main des Sœurs (80% personnes mortes du SIDA contre 20% maintenant). Il est l’espoir qui fait vivre, rend les personnes joyeuses. Les messes sont rythmées par des chants joyeux, des danses, et se terminent par une prière récitée de multiples fois en pensant aux enfants et parents malades accueillis par l’association, à la guerre…

J’ai appris à vivre dans l’instant présent, sans me poser de questions sur Demain. 17 jours où je me suis sentie sereine, heureuse, bien entourée, où la religion m’a énormément apporté, où je me suis sentie comblée d’Amour.

Sœur Marie Stella a été très disponible. Elle a été l’heureuse invitée de deux de nos veillées pendant lesquelles elle a pu témoigner de son histoire, ce qui l’a incitée à monter l’association, ses difficultés, ses doutes, ses joies, l’image du Sida, l’impact de son investissement sur elle, la jalousie envers elle. C’est une femme très engagée, joyeuse, courageuse, inspirante, et en plus ayant un rire très sincère, contagieux. Elle m’a même accordé le droit de cuisiner avec elle, de découvrir les recettes togolaises.

 

Ils ont peu de moyens, et pourtant, la vie en communauté est leur bonheur, leur force. D’ailleurs Sœur Marie Stella dit que là-bas, « si on est entouré c’est qu’on vit ; quelqu’un de seul, c’est quelqu’un qui meurt. « 

Ils n'ont pas grand chose mais sont inventifs. Sœur Marie Stella nous a par exemple raconté la fois où elle a dû bricoler une sonde.

 

Des étudiants de l’association ont veillé au bon déroulement. Nous avons pu échanger avec eux autour de la vie africaine, l’image qu’ils ont de la France, qu’ils enjolivent. L’une d’entre eux est déjà venue en France et reproche qu’on se tienne trop à l’écart des inconnus. Ils nous ont parlé des ethnies, des relations, des difficultés qu’ils rencontrent (l’accès aux études qui coûtent trop cher par exemple).

 

Je suis arrivée sans savoir vraiment à quoi m’attendre. J’ai reçu plein d’Amour, de tendresse, de joie, la foi plus que jamais développée. Je repars pleine d’espérance, l’esprit à nouveau libre, heureuse, grandie. Je fais plus attention à ma consommation d’eau, aux petits instants de bonheur, à ce qui m’anime, et l’envie de devenir meilleure. Mais aussi d’insuffler ce que j’ai pu vivre, ressentir, essayer d'ajouter de la lumière dans les zones obscures, pour moi et les autres.

 

Chaque jour de notre séjour, une description de ce que nous vivions et ressentions apparaissait sur le site jeunescathocambrai : https://jeunes.cathocambrai.com/yovo-yovo-bonjour2022.html.

Vous pourrez peut-être avoir l’occasion de rencontrer des jeunes de l’association, qui reviendront probablement en France, plus particulièrement dans le Nord, pour leur spectacle de danses qui permet de collecter des fonds.

Si vous voulez les aider, vous pouvez également parrainer un enfant, à hauteur de 30€ par mois, en vous rapprochant des Sœurs de Saint Amand les eaux : 03 27 48 04 77. Cela permettra de subvenir à leurs besoins.

Anne-Héloïse Caffiaux - 20 ans.

 

 

Article publié par PAROISSE ST ROCH • Publié le Lundi 08 août 2022 • 558 visites

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